Didineadoree et sa petite famille zen-bio se construisent un monde plus beau !

Ecologie - Accouchement naturel - Maisons de naissance - Allaitement - Portage - Maternage - Questions sur l'accompagnement respectueux des enfants - Simplicité volontaire - Alimentation bio

24 juillet 2009

Bons mots d'enfant (en signes)

C'est bien connu, les enfants disent parfois des phrases ou des mots rigolos. Et bien, la même chose existe pour les signes (mélangés avec des mots). En voici quelques-uns qui me reviennent :
- signe pomme de terre pour désigner la panthère
- signes asseoir + pomme de terre pour dire à son papa assieds-toi par terre
- signe asseoir + tambour pour s'asseoir sur le tabouret
- signe pâte pour Cléopatre (que de connaissances historiques à deux ans !!!)
- signe cerf pour réclamer un dessert
- signe facteur + pizza pour parler d'un livreur de pizza
- signe chercher + lunettes + mot cheese pour dire qu'elle était à la recherche de l'appareil photo (bien qu'elle ait fait jusque là le vrai signe désignant l'appareil photo)
- mot cloche + signe et mot poulet pour désigner un clocher d'église : les cloches sont cachées dans le clocher qui est bien souvent surmonté d'une belle girouette ornée d'un coq, c'est logique, non ? (j'ai eu un peu de mal à comprendre le sujet de la conversation au début ...)
- signe et mot petit + mot Khalid : Rose désignait un K minuscule sur un livre, et comme le signe K est le symbole que nous utilisons pour parler de notre ami Khalid, il était logique d'appeler un petit K un petit Khalid !! (pourquoi Rose connaît les lettres de l'alphabet, c'est par hasard à cause des signes, j'en parlerai un autre jour)
- signes et mots chercher + baleine pour dire chercher le balai. Je l'ai aidée à chercher et elle a ensuite consciencieusement balayé le canapé, merci les signes !
- signe bus pour parler d'un buffle
- signe facteur pour désigner un tracteur
- signe et mot huile pour désigner le miel quand il est liquide. Et elle n'en démord pas, le miel liquide c'est de l'huile, point à la ligne !
- signe amour pour désigner un coeur, un élan spontané suscité par un très joli dessin de coeur.
- signe L/mot Léonel + signe monsieur + mot zizi  + signe Rose + mot zézette + mot et signe fille : Léonel est un monsieur, il a un zizi ! et moi Rose, j'ai une zézette, je suis une fille. (l'ami en question n'a pas entendu, ouf !!)
Je regrette un peu de ne pas avoir noté tout ça au fur et à mesure, j'en ai oublié un si grand nombre.
Pour finir, un petit mot presque philosophique tout droit sorti de son cerveau d'enfant, qui date d'il y a quelques jours, juste après avoir fêté ses deux ans (d'après Rose, ses "quattre-deux ans" ou ses "deux-trois ans") :
MAMAN A PESSONNE !
(Maman est une personne).
Waouh !!! :))))

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05 juillet 2009

Compost

Depuis un bon mois, ça y est, dans un coin de notre petit jardin trône un magnifique composteur fait maison. Ce n'est pas du tout le composteur idéal, mais ça devrait marcher quand même.
J'ai en fait réutilisé la cage en bois et grillage que mon cher et tendre avait bricolée pour nos deux lapines naines (vestiges de l'époque où nous avions monté tout à fait involontairement notre élevage à 14 lapins).
Nos lapines sont décédées au mois de mai, la cage était triste et vide. Je l'ai donc mise debout, tout au bout du jardin. Cela nous fait un composteur d'environ 60x60x200 d'allure très atypique.

Il fonctionne en tout cas très bien jusque là, à part un jour de grande chaleur où nous y avons déposé par mégarde des restes de crevettes qui ont empesté et que nous avons vite recouverts d'un peu de terre. La voisine croyait qu'un animal était en train de se décomposer chez nous, on était un peu gênés !! Nous y déposont tous nos déchets organiques (mis à part les os car j'ai peur que les chats du quartier viennent y faire la sarabande).

Cela nous aide à moins remplir nos poubelles et fait très branché, car c'est l'un des accessoires indispensables de l'écolo moderne !!

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07 mai 2009

Inattendu ...

Hier, je cogne mon index déjà blessé en installant la Puce dans son siège auto.
Maman : Aïe, oulalala, je me suis fait très mal, ououououh !
La Puce : "signe tétée", maman - néné - yaya (c'est le nom qu'elle se donne) ?, en montrant sa poitrine.
Maman (toute étonnée) : Oooh, merci, c'est très attentionné de me proposer de téter, mais maman ne prend plus la tétée de puis longtemps maintenant !!

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06 mai 2009

20 stratégies pour manipuler son enfant ...

Une déception que j'ai eue il y a quelques temps et que je tiens à partager.

J'ai lu Au Coeur des Emotions de l'Enfant, d'Isabelle Filiozat, et ce livre m'avait apporté des pistes en matière de respect de la nature humaine et d'accompagnement bienveillant de l'enfant. Malheureusement, j'ai découvert un article très énervant commis pour le magazine Psychologies.
Isabelle Filiozat y présente 20 astuces pour coacher les parents. Ces stratégies présentées sous la forme de raccourcis de théories de la communication non-violente et de l'écoute active, sont à mon goût malvenues.
A mon sens, l'éducation non-violente n'est pas un outil pratique mis à disposition des parents pour manipuler leurs enfants et les rendre vivables/fréquentables/bien élevés/dociles. Les théories de la communication non-violente doivent se contenter d'être un tremplin pour réfléchir au sens d'une parentalité qui laisse sa place d'être humain et de personne à part entière à l'enfant. Elle peuvent faire prendre conscience que chacun a le droit d'avoir des émotions, de les extérioriser, d'apprendre à mettre des mots dessus et d'être écouté. Oui, un enfant à bel et bien des goûts et des sentiments qui lui sont propres et qui doivent être respectés. Cela est bien loin des théories archi-autoritaires et rejetant tout respect du développement individuel de l'enfant véhiculées par des psychiatres ou psychologues tels A. Naouri ou M. Rufo (qui pense qu'un allaitement doit s'arrêter le plus vite possible après la naissance car les seins d'une femme sont les jouets de son mari ... les féministes adoreront !!!).
Les théories de la communication non-violente ne sont assurément pas parfaites, et je n'adhère pas entre autres aux méthodes qui consistent à offrir de faux choix aux enfants et visent en définitive à contourner l'opposition de l'enfant sans en avoir l'air ( "Tu veux te brosser les dents avec papa ou avec maman ? " à l'enfant qui refuse ordinairement de se brosser les dents dans l'espoir qu'il ne pense pas à dire non).
Un livre comme Au Coeur des Emotions de l'Enfant qui présente des cas concrets peut permettre à un parent en questionnement de se représenter de manière directe ce que peut être un rapport parent-enfant différent de ce qu'il a vécu et de ce qui est véhiculé largement dans la société. Cela permet de réfléchir à ce que veut dire communiquer, c'est à dire dire des choses clairement et écouter sans interpréter. Il peut être ensuite l'occasion de se poser ses propres questions, de ce dire qu'une parentalité différente est possible, de prendre du recul, du recul et encore du recul ... pour arriver enfin à se raprocher de son enfant, de faire le chemin jusqu'à lui et d'arriver enfin à se connecter avec lui ( ce terme me semble très parlant). Si on peut trouver le moyen d'accompagner son enfant en le prenant tel qu'il est, avec bienveillance et empathie, avec confiance et liberté, quel bonheur !

J'aurais donc préféré un article de fond qui dise : arrêtez de vouloir contrôler et dresser vos enfants, arrêtez de leur crier dessus, de les punir, de les frapper, de leur faire des réflexions humiliantes, de vous moquer d'eux, de leur parler comme à des sous-hommes, de leur donner sans cesse des ordres, de minimiser leurs émotions, leurs frustrations, de vouloir trouver sans cesse des solutions pour eux, de les vouloir parfaits et de n'écouter que ce qui vous arrange. Si vous voulez leur apprendre le sens du respect, de la responsabilité, de la coopération, de la liberté, de la tolérance, de la sincérité, de la douceur, de l'empathie, de la curiosité, de la compréhension et surtout de l'amour, montrez vous respectueux, responsables, enclins à la coopération, libres, tolérants, sincères, doux, empathiques, curieux, compréhensifs et donnez votre amour de manière inconditionnelle. Les primates, et donc les humains, sont des animaux sociables qui apprennent simplement par imitation, il suffit d'avoir confiance en eux.

Je m'attendais à ce que cette auteure ait une vision plus sincère de l'écoute et de l'autonomie de l'enfant, et qu'elle se montre vraiment du côté de l'enfant. A travers ces 20 stratégies, elle se positionne clairement du côté des parents en leur permettant par quelques astuces de se donner bonne conscience et de se dire qu'ils ont fait tous les efforts qu'ils pouvaient. (Le pire : consacrez dix minutes par jour à votre enfant, et si c'est trop, au moins deux minutes pour commencer !!! HORRRRRRRRIIIIIIIBLE !!!!!!!!)
C'est fort dommage, car elles ne sont vraiment pas nombreuses les voix qui s'élèvent en faveur d'un accompagnement non-violent des enfants.

Je recommanderais donc à la place pour les parents qui aiment réfléchir et remettre en cause leurs certitudes le livre de Jean Liedloff, Le Concept du Continuum. ( Je ferai bientôt un post sur ce livre qui m'a beaucoup apporté.)

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27 avril 2009

Compote en tube maison

Il y a deux mois environ, notre Puce a découvert l'existence des compotes en tubes au contact d'autres enfants. Elle les a tout d'abord prises pour des tubes de crème et s'en est enduit soigneusement les mains, le visage, les cheveux et le pull (La maman qui avait fait le don de cette compote en était fort désolée, et moi j'étais fort hilare !!). En lèchant ensuite ses mains, elle a compris que le contenu du tube était tout à fait comestible et s'est régalée.
A vu de l'attrait exercé par ces tubes et l'appétit avec lequel la puce mange les compotes sous cette forme, j'ai commencé à les récupérer (plutôt mourir que de mettre 1 centime dans ces horribles tubes en plastique). J'en ai maintenant une petite collection que je remplis à l'aide d'une poche à douille une fois par semaine de bonne compote maison. Je les conserve au frigo, jamais plus de trois ou quatre jours, car elles remportent un succès fou auprès notre fille. Quelques fois, quand il n'y en a plus de prètes et que la Puce a une subite envie de compote, je passe une pomme crue au mixer et remplis un ou deux tubes avec la purée obtenue. Ca fait un super goûter express.
Quand elles sont vides, je les nettoie à l'eau vinaigrée et les laisse bien sécher.
Le système fonctionne très bien jusque là et a fait considérablement reculer la consommation de pain de notre Puce au goûter.

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07 avril 2009

Des signes, des signes et encore des signes

L'aventure des signes continue avec Pépette pour notre plus grand bonheur. Elle a maintenant 20 mois et dispose de plus de 300 signes pour s'exprimer. Elle signe du matin au soir, et même la nuit dans son sommeil, ce qui nous permet de savoir de quoi elle rêve !!! Elle fait des phrases en signes, parle des gens qu'elle connaît, de ses émotions, de ses envies, des choses qui l'intriguent.
Elle réclame du "jaune" avec sa viande et je me hâte de lui apporter de la moutarde et d'aller regarder dans mon dictionnaire comment ça se dit en signe. Elle invente parfois des signes : capoeira, essuie-glace, "vincent" (un ami), crevette...  Elle nous fait aussi beaucoup rire quand les homophonies lui font faire des phrases rigolote : le soleil se couche devient "soleil"+"couche", elle dit souvent "le chasseur" pour l'ascenceur dont elle utilise par ailleurs aussi le signe, "Lilio" devient "le lion", et notre ami Hervé a reçu pour signe-nom "colère" (à cause de "énervé", j'ai mis du temps à comprendre !!).
Je lui ai montré des petites vidéos avec des signes américains qu'elle s'est empressée de reproduire. Elle vient me les montrer de temps en temps et essaie de les montrer à son poupon qui n'est malheureusement pas très réceptif. Depuis, elle dit parfois "it's cold" plutôt que "il fait froid", ce qui la rend hilare.
entendre-bruit-monsieur-couper-herbe-machine nous dit-elle en entendant le bruit de la tondeuse du voisin. Lou-Ann-triste-bébé-lapin-téter pour raconter que la semaine passée, sa copine a pleuré à cause de son bébé lapin en peluche et qu'elle a tété ensuite pour se consoler. poissons-peur-là-bas signe-t-elle affolée dans le magasin puis trois nuits de suite en pleurs dans son sommeil, et là, quel soulagement de pouvoir la rassurer vite et de la voir se rendormir sur le champ.
De plus en plus, elle utilise aussi les signes dans ses interactions avec d'autres enfants pour leur proposer des jeux ou venir les consoler.
Pendant les trajets, elle parle sans arrêt des gens que l'on va aller voir et de ce qu'on va aller faire et se montre très à l'aise avec les personnes qu'elle peut désigner par des signes-noms. Sur le chemin du retour, elle raconte ce qu'elle a fait et à qui elle a dit au revoir. Elle peut raconter elle même une grande partie de ses activités de sa journée à son papa le soir ou le lendemain.
Quand au langage, le "vrai", la parole se développe doucement aussi depuis un mois en parallèle avec les signes : un à cinq mots et un à cinq signes nouveaux par jour. Les mots viennent parfois avant le signe correspondant. Et là encore, quel bonheur que d'avoir les signes pour distinguer "ateau"-"bâteau" de "ateau"-"gâteau". C'est aussi rigolo de l'entendre dire des phrases complètes telles que "tu veux boire ?" ou "ente à ya maison !" (au chat) qu'elle sort soudain de manière spontanée sans utiliser aucun signe avec.

Des surprises et de belles tranches de rire tous les jours, UN VRAI BONHEUR !!!!!!!!

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Réveil de printemps

Le printemps est là et je me réveille doucement de la léthargie de l'hiver. Beaucoup de laisser-aller et d'indulgence honteuse ces derniers temps. J'ai relâché mon attention et mes efforts sur beaucoup de points, me laissant porter par les facilités et tentations de la vie moderne. Ma voiture a dormi sur le parking en attendant une nouvelle batterie de décembre à fin février et je m'en accommodais fort bien. Malheur à moi depuis qu'elle a retrouvé une nouvelle jeunesse ! En un mois, j'ai mis de côté toute bonne habitude. Au lieu de continuer à planifier mes déplacements, je saute dans la voiture et roule deci-delà. Je traîne de nouveau sous la douche et suis retournée plusieurs fois (en voiture ...) chercher de la fausse bouffe toute prête pour révoltée apathique dans les temples de la mal-bouffe ! Je me fais soudain froid dans le dos à repousser de jour en jour le retour à ma vie meilleure. Des petits laisser-aller qui deviennent grosses négligences et me font remplir ma vie d'actions parasites creuses. Le retour du soleil ces derniers jours me donne l'envie d'une nouvelle énergie et d'un nouvel engagement dans ce qui rend la vie précieuse.
Il est tellement facile d'oublier l'importance d'effectuer sa "part du colibri" quand on ne s'est pas encore sevré de ses vieux réflexes de consommateurs qui continuent à nous ronger de l'intérieur. La constance est décidément une qualité qu'il me faut sans cesse cultiver .

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25 novembre 2008

Mon accouchement zen (2)

La salle de travail du fond est libre. Elle est grande mais n’a pas de baignoire. On m’y emmène en fauteuil roulant. Une aide-soignante rattachée à la maison de naissance nous a rejoints. Elle restera avec nous jusqu’à la fin de l’accouchement.

Arrivés dans la salle, je m’assieds d’abord sur un tabouret avec la tête posée au pied du « lit de torture » qui trône au milieu de la salle d’accouchement. Rien à voir avec les grands lits deux places des chambres du quatrième étage qu’on ne peut malheureusement pas utiliser car les décrets pour l’ouverture des maisons de naissance ne sont toujours pas signés. L’aide soignante arrive avec le ballon d’accouchement qui remplace le tabouret. Claire me propose de faire des mouvements du bassin pour me soulager un peu. Mon homme est à côté de moi. Claire se penche vers moi et me dit doucement « vououououououououou ». Je l’imite en soufflant. Cela me permet soudain d’arrêter de vouloir contenir la douleur. Le souffle me permet de l’accompagner et de trouver les moyens de me relaxer. Il y a un peu de temps entre chaque contraction. Je souffle en faisant doucement « vouou » lors des contractions et je sens le sommeil qui me gagne entre elles. Je me sens prête à sombrer dans de profonds rêves, comme enveloppée par l’endormissement, mais pas le temps de m’endormir car une contraction revient déjà. J’espère que quand la contraction sera finie, j’arriverai cette fois à tomber instantanément dans le sommeil car mes paupières sont lourdes et l’idée d’un somme qui me ferait oublier quelques temps les contractions me semble séduisante.

Soudain je me sens mal et je vomis. Les contractions puissantes ont secoué jusqu’à mon estomac. Mon homme pense soudain à sortir le brumisateur du sac, et là, quel bonheur de sentir les petites gouttes fraîches sur mon visage. Cet instant restera longtemps dans ma mémoire comme un instant de bien-être immense.

Claire s’éclipse un moment pour aller voir si elle peut obtenir une salle avec baignoire, ou au moins une avec douche pour que je puisse me relaxer dans de l’eau chaude.

Pendant ce temps, je me sens assez mal. La phase durant laquelle le sommeil me gagnait est passée, et je ne me sens bien dans aucune position. Les contractions sont très fortes. J’essaie de m’asseoir sur la table d’accouchement, puis de m’allonger sur le côté. Je me remets finalement assise. Je me sens un peu maladroite avec mon corps que je ne sais pas soulager un peu.

Sur le mur, juste en face de moi, il y a une grosse pendule. Je décide de ne surtout pas la regarder, de ne surtout pas savoir depuis combien de temps je suis là pour ne surtout pas me rendre compte si cela fait longtemps que ça a commencé. Je ne veux pas découvrir que cela fait  cinq ou six heures que je suis là et qu’il va falloir que je vive encore le double ou le triple de ce que je viens de vivre. Je décide de me déconnecter, de vivre l’instant, de rester dans une sorte d’éternel présent pour ne surtout pas avoir l’impression de la stagnation ou du désespoir.

Je continue à accompagner les contractions avec le souffle. Mon mari est à côté de moi. Il me tient par le cou, par la main, par les épaules, joue du brumisateur.

Je vomis une nouvelle fois, et cela me soulage de nouveau un peu. Claire est revenue. On va pouvoir aller dans la chambre avec baignoire. Cette salle était occupée par une dame qui était là depuis 24 heures. Quand Claire est arrivée pour aider à son transfert, cette pauvre femme a découvert qu’elle aurait eu le droit d’utiliser la baignoire ou de se doucher. Personne ne le lui avait dit. Cela faisait 24 heures qu’elle n’avait pas osé bouger de la table de travail. Un grand bravo aux équipes médicales « classiques » !!!

En attendant, j’ai perdu les eaux, et cela me donne le sentiment optimiste que les choses évoluent doucement.

Je remonte sur mon petit fauteuil roulant, ce qui nous permet de faire le transfert en roulant vite, juste entre deux contractions.

On arrive dans la salle à baignoire. L’aide soignante fait couler un bain. Claire et mon homme m’aident à me déshabiller. En attendant que le bain soit coulé, Claire m’emmène m’asseoir sur les toilettes dans la salle de bain. Comme l’hôpital n’est pas encore équipé de sièges d’accouchement, ce sont les toilettes avec l’abattant relevé qui jouent le rôle d’ersatz. Les contractions sont rapprochées et puissantes, mes « vouououou » sont de plus en plus forts.

Je m’assieds enfin dans la baignoire ce qui m’apporte une léger mieux, un petit mieux-être passager. Je me sens mal à l’aise assise. Claire me propose de me mettre à genoux. Je m’accroche au cou de mon homme pendant que Claire me fait un peu de monitoring, histoire de mettre quelques enregistrements dans mon dossier pour ne pas faire trop de vagues. Au bout d’un moment, Claire me demande si la contraction que je viens d’avoir était particulière. Elle a dû le voir à mon visage ou à mon « vouou » plus fort ? En effet, j’ai senti que ça appuyait et tirait plus fort à l’intérieur. Je pense soudain à faire attention de bien rester décontractée pour vraiment relâcher mon périnée. Je me rends compte qu’au fur et à mesure des contractions, j’ai tendance à me crisper un peu. Brève remontée vers mon cerveau et hop, je replonge dans le « vououououou » qui ressemble maintenant plus à un énorme grognement d’ours. Je n’ai plus de pause entre les contractions. Je me remets un peu assise avec les jambes tendues, et là, misère !!, je me mets à faire de la tétanie dans les jambes. Je me rends compte que j’ai oublié de dire à Claire que ça m’arrivait parfois, et pourtant, elle m’en a posé des questions lors de nos entretiens !! Heureusement, il y a des amis qui sont arrivés dans la salle d’attente peu après que nous soyons arrivés à l’hôpital (cette première naissance dans le cercle d’amis de mon mari a attiré les foules). On envoie donc H. chercher un tube d’homéopathie à la pharmacie du coin. Pour ramener le tube, il descend par l’ascenceur qui arrive juste à côté de ma chambre. Il restera perturbé par le grognement terrible qu’il entend alors et me demandera à plusieurs reprise si j’ai entendu ce bruit impressionnant pendant que j’accouchais. « Mais H., je crois bien que c’est moi que tu as entendue. Ca faisait « VOUOUOUOUOUOUOUOUOUOURRRRRRGHGHGHGHGHGHGH ? Oui ? Alors c’est vraisemblablement mon grognement que tu as entendu, si si ! Mais rassure-toi, c’est beaucoup plus impressionnant de l’extérieur. »

Je suis toujours dans le bain avec mon ventre et mes jambes crispées non-stop. Je ne ressens plus d’intérêt à être dans cette baignoire. Claire me propose de retourner sur les toilettes pour aider le bébé à descendre. A ce moment, l’idée du bébé est le cadet de mes soucis. Je le sens qui appuie à l’intérieur de moi, mais il reste une idée. Claire m’a proposé de toucher la tête du bébé, mais la tétanie dans les jambes occupait trop de mes forces, et je ne me suis pas sentie l’énergie de le faire. Claire me laisse le temps de trouver la force en moi de sortir de la baignoire avec mes jambes toutes raides. Le fait de marcher fait enfin passer mes crampes.

Sur les toilettes, je tiens la main mon mari et celle de Claire. A chaque contraction qui monte, je sens que cela tire un peu plus à l’intérieur. Claire se rend compte instantanément quand une contraction m’a créé une sensation plus forte ou différente, j’ai l’impression qu’elle lit en moi.

Mon mari et elle m’encouragent gentiment. La tête du bébé appuie et tire à l’intérieur. Je suis une contraction géante !! Je me sens mal et me laisse bercer par ce mal-être, dans ma bulle. Je remonte à la surface juste le temps de penser au « lâcher-prise » dont Claire m’a si souvent parlé. Et hop, je recoule dans ma bulle de lâcher-prise. Je ne suis plus que sensations. Ces sensations finiront par s’arrêter, je le sais.

La tête du bébé commence à bien descendre. Claire propose d’aller sur la table pour essayer de changer un peu. Je m’y met d’abord à quatre pattes, puis je m’accroche au cou de mon mari et me trouve ainsi à genoux. La tête du bébé est tout prêt. Claire la montre à mon mari. Je me raccroche à son cou et il m’encourage en me disant que le bébé n’est plus très loin, qu’il l’a vu. Pendant ce temps là, Claire me masse le périnée avec de l’huile. Elle me demande soudain de souffler tout doucement, par petits à-coups. Je le fais, et je sens que cela ralentit la pression que les contractions exercent sur le bébé. Claire continue à me masser, et soudain, tout s’arrête, le calme est revenu. La tête passe, et je sens le corps du bébé qui glisse, comme un petit poulpe. Le bébé se retrouve posé entre mes genoux, tout calme, les yeux grand ouverts.

« Mon bébé ! »

Claire m’aide à m’allonger et à poser mon bébé sur moi. On dirait un bébé de deux jours dit l’aide-soignante. Rose est là. Elle cherche le sein. Claire est là pour m’aider. Il est 19 heures.

Mon mari prévient la planète entière par sms.

Moi je profite de la tétée pour observer Rose. Elle a son nez tout écrasé vers la gauche. Claire nous explique que c’est parce qu’elle a tourné sa tête au moment de descendre. C’est ce qui a ralenti l’accouchement d’ailleurs. Cela lui donne un air de petit lutin (gnome-gnome sera son premier petit surnom).

Rose tête maintenant mon sein gauche. Mon impression de maladresse est passée maintenant que Rose n’est plus toute glissante (Claire nous a enveloppées dans des serviettes).

Claire me palpe le ventre pour la sortie du placenta. Je grimasse, alors elle me dit de résister quand elle va toucher mon ventre. Et hop, le placenta sort, sans aucune douleur.

On le regarde avec intérêt. Claire fait faire les deux trois tests obligatoires à Rose sur le lit, juste à côté de mon ventre. Puis je la reprends sur moi. Mon mari est à côté de nous. C’est notre premier gros câlin familial.

Claire est partie se changer et s’occuper des papiers. Je chantonne pour Rose, je lui dis des mots de bienvenue.

Plus tard, Claire revient. L’aide-soignante m’aide à prendre une douche pendant que mon mari berce puis habille sa petite fille.

Je me rhabille dans ma super tenue et reprend ma petite contre moi. Une chambre est prête. Nous croisons les amis au détour d’un couloir (il est 21 heures passées, les visites sont interdites !).

Rose est dans mes bras, comme elle l’est d’ailleurs à cet instant, 16 mois après (en train de dormir pendant que j’écris).

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10 novembre 2008

Coloration bio !!!

Quelle surprise tout à l'heure ! En me promenant en ville, je passe sur un trottoir que j'emprunte peu souvent. Je lève la tête en passant devant un salon de coiffure, et que vois-je ? "COLORATION BIO" en gros et en vert sur la vitrine. Ca m'a sciée !
C'est vraiment agréable de découvrir qu'un coiffeur d'une petite ville de banlieue se préoccupe du bien-être de ses éventuels client-e-s écolo et peut-être aussi de l'environnement.

J'irai dans la semaine faire un tour dans ce salon pour me renseigner (même si je n'ai pas l'intention de me teindre les cheveux pour l'heure). J'aimerais bien savoir ce qu'ils utilisent, voir si c'est vraiment bio-écolo ou si c'est juste pour attirer de la clientèle un peu crédule.
Si ça a l'air sérieux, je me suis dit que j'irai me faire coiffer là-bas désormais afin de soutenir un-e commerçant-e qui a un certain sens des responsabilités plutôt que de financer tous les trois mois (quand mon homme me demande 100 fois par jour quand je vais enfin retrouver une tête présentable) une quelconque chaîne de magasin championne du gaspillage et des produits caca-beurk à gogo.

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05 novembre 2008

Signe moi une chanson maman !!

Voilà ce que me demande Pépette en bougeant ses petites mains potelées devant elle. C'est que les signes sont devenus un must dans notre petite vie de famille.

Il y a quelques mois, j'ai découvert Signe avec moi, un livre qui s'adresse aux parents voulant communiquer en langue des signes française (LSF) avec leurs enfants. Les bébés étant capable de reproduire des gestes avant de reproduire des sons, la communication en langue des signes permet de faire une transition douce entre le moment où l'enfant commence à vouloir se faire comprendre et le moment où l'enfant maîtrise assez le langage pour exprimer ses besoins.

J'ai commencé à signer avec notre puce au début du mois de juillet en commençant par des signes de circonstance : téter, chien, avion. Très vite, la puce reproduit le signe téter. Au mois d'août, mon mari se décide enfin à arrêter de trouver que j'ai l'air un peu bête quand je fais des signes à notre fille devant du monde. Il se met à signer le mot "avion" lui aussi. Nous sommes alors en vacances au Portugal et nous voyons de nombreux avions sillonner le ciel. Dès le lendemain, très spontanément, Pépette se met à faire l'avion avec sa main pour montrer à son papa un avion qui passe. Le papa est très impressionné mais je suis obligée de le tanner les jours suivants pour qu'il se décide à faire un autre signe, car avec moi, Pépette ne ressent pas forcément le besoin de signes pour communiquer, nous fonctionnons encore très bien à l'intuition. Il se met enfin à signer le mot oiseau (9 jours après) et Pépette est toute de suite contente de nous faire le signe à chaque oiseau qu'elle aperçoit. Suivent deux jours après "ciel" puis deux jours plus tard "encore".
La machine est alors lancée. J'apprends plein de signes et mon mari les reproduit à l'occasion. Au bout de trois mois de pratique, Pépette a plus de cinquante mots à son répertoire et ses gestes gagnent doucement en précision.

Ce qui ne constituait au début pour notre entourage qu'une lubie rigolote soulève maintenant l'intérêt général. Tout le monde commence à vouloir savoir faire les gestes et à les comprendre.
Ca a commencé par des "qu'est-ce qu'elle veut dire là ?" à chaque fois que la puce gigotait ses petites mains. Ensuite les gens se sont rendu compte que les signes ne servent pas juste à dire qu'il y a un poisson, un bébé ou une fleur sur le livre, mais que la puce s'en sert pour demander à boire, à manger, de l'eau, de la glace, du gâteau, des pâtes ou un câlin. Les gens sont tellement contents de pouvoir lui servir un verre d'eau ou une part de tarte ou de la prendre sur leurs genoux quand elle le désire qu'ils se mettent à trouver ce système de signes extraordinaire.
Mes parents s'y mettent aussi, ils sont devenus depuis peu des inconditionnels du signe. On leur rend visite hier et mon père ayant retenu "manger" et "boire" sort de la cuisine à notre arrivée et fait ces deux signes à Pépette. Elle le suit alors spontanément dans la cuisine pour se faire servir un verre de jus de fruit. Il en reste baba toute la soirée et fait l'éloge de cette méthode qui permet à sa petite fille d'éviter bien des frustrations. On parle de voiture, elle fait le signe, le téléphone sonne, elle le signale à l'assemblée, le four est chaud, elle nous prévient et précise à sa tata que attention, il ne faut pas toucher (un truc qu'on ne lui a pourant presque jamais dit) et en plus elle fait "merci" à son grand-père qui vient de s'essayer à chanter et signer "une souris verte". Le délire autour de la table est à son comble.
"Elle connaît 50 mots déjà ! Faudra nous les montrer pour qu'on sache tout ce qu'elle dit !!"

Avec les signes, nous nous sommes par ailleurs rendu compte que nous ne nous limitions pas à discuter de choses très terre à terre comme j'ai faim ou j'ai soif. Cela me permet de savoir que la puce aimerait pouvoir jouer à allumer et éteindre la lumière dans le train comme on le fait parfois à la maison, que quand elle pousse un tabouret devant elle autour de la table, elle joue à la voiture, qu'elle à envie d'écouter de la musique, qu'elle veut mettre son chapeau pour aller prendre le bus (idée qui lui traverse soudain l'esprit au sortir du lit le matin) ou qu'elle voudrait que je lui montre le livre qu'elle m'a vu ranger la veille dans la bibliothèque (il y a une petite fille qui porte un chapeau sur sa couverture, elle s'en souvient clairement !). Elle nous raconte que le monsieur lui a donné une glace cet après-midi ou que tata, qui nous a dit bonne nuit il y a 10 minutes, est partie faire dodo.
Cela nous donne accès à une partie de ses pensées et nous ouvre une porte sur sa façon de voir les choses et d'appréhender le monde avec son regard d'enfant.
C'est en tout cas un immense plaisir de pouvoir nous dire tant de choses. Pépette soupire d'aise et frotte ses mains quand on sort le pot de glace du congélateur ou quand on vient jouer avec elle à la voiture ; tu as compris ce que je voulais dire, je suis siiiiii heureuse !
En plus, nous allons depuis peu faire des ateliers "Signe avec moi". Nous en avons fait un sur la nourriture et le prochain va porter sur les émotions. Nous y avons appris des comptines que Pépette ne cesse de réclamer et qu'elle commence à faire avec nous. Même l'abeille en peluche est tenue de signer "quand on signe avec bébé, c'est super pour s'amuser".

C'est un vrai bonheur en tant que parent de ne pas avoir un enfant frustré qui se roule par terre en hurlant parce qu'on ne comprend pas ce qu'il veut et qu'on a déjà essayé de lui proposer tout ce qui se trouve dans la pièce pour le distraire.
Bien des parents sont contents de pouvoir utiliser les signes pour que leur enfant qui vient de tomber dise s'il a mal ou s'il a seulement eu peur par exemple. Nous ne sommes pas encore très callés sur les émotions mais on essaie de s'y mettre doucement, parce que je sens bien qu'on en a des choses à se dire à ce sujet ...

"MA-MAN !!" encore - chanter - signes - souris

Posté par didineadoree à 17:50 - Accueillir son enfant et le voir grandir - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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