18 août 2008
Epure émotionnelle
Dans mon dernier article, j'ai jeté un peu de la colère (et du fiel) que je sens parfois monter en moi. Je me suis ensuite demandée si je ne m'écartais pas de l'esprit que je souhaitais donner à ce blog en tombant dans le psychologique et l'épanchement mielleux. Cela m'a pas mal travaillée (sans toutefois m'empêcher de dormir -je reste zen-) surtout que j'avais écris cela rapidement, un peu en vrac, sans vraiment réfléchir à ce que je voulais dire précisément.
Après réflexion, je me suis rendu compte que la simplicité volontaire et l'écologie ont pour moi une portée très large. L'écologie représente à mes yeux une philosophie à part entière et un mode de vie global. Il en va de même pour la simplicité volontaire. On peut aussi bien trier des choses, les ranger, les jeter, les donner que des pensées, des sentiments et des émotions. Un objet m'inspire de la négativité, m'encombre ? Je m'en débarrasse. Une pensée tourne en rond inutilement dans ma tête, une émotion me torture, un sentiment me perturbe ? Pourquoi ne pas faire en sorte de sortir cela de ma vie, de n'essayer de garder que ce qui m'apporte quelque chose de positif d'un point de vue mental ? On peut faire d'une pensée la même démarche que pour un objet : cette pensée ou émotion m'est-elle utile, m'apporte-t-elle un plaisir particulier, m'a-t-elle apporté un avantage quelconque récemment ou me parasite-t-elle depuis des lustres pour rien ? C'est l'occasion de se poser une question particulière sur soi-même, de voir ce qui cause cela en nous, de voir si c'est causé par un agent externe (genre "personne toxique") et de trouver une solution courageuse qui ne fasse pas que semblant de nous convenir. Pas question de noyer le poisson sous prétexte que la politesse et la bienséance nous interdisent de faire un affront à tata Gudule, la mégère, en arrêtant de l'appeler tous les jours ou à notre copine d'enfance en refusant de l'accompagner toutes les semaines faire les boutiques. Pas question non plus de se laisser aller quand on sent qu'un petit effort de notre part pourrait nous simplifier au centuple la vie.
S'accrocher, réagir à ce qui nous tient vraiment à coeur et laisser tomber les combats qui n'en sont pas. Se concentrer sur ce qui nous apporte de la chair et arrêter de s'effacer derrière des idées mille fois ressassées. Exprimer devant les autres ou pour nous même nos émotions pour ne pas traîner tous ces bagages fantômes à moitié remplis de soucis minables. Sélectionner en priorité le beau et le joyeux, sélectionner les problèmes qui nous touchent vraiment et dont la résolution nous apportera beaucoup de bonheur ou de bien-être. Se demander si ce sont vraiment les autres qui sont insupportables ou si c'est nous qui nous rendons la vie trop difficile et stressante. Lâcher prise sur notre cerveau, arrêter de nous parasiter nous même, apprendre à profiter de l'essentiel au lieu de déprimer sur un détail, se sevrer de toutes ces choses négatives qui nous tiennent la main, nous bercent d'auto-apitoiement et font tant partie de notre vie. Que de ménage, de sueur, d'obstacles pour trier, ranger, recycler, valoriser, réorganiser et surtout dépolluer notre cervelle pour y accueillir le bonheur, la confiance, l'espoir, l'empathie, la patience,la bienveillance envers les autres et envers soi-même.
Aller à l'essentiel pour vivre à 100%.
15 juillet 2008
Commando de désencombrement exprès : les chaussettes
Ca y est ! Prise d'une idée subite, je l'ai fait ! Je viens de trier en trois tas mon sac de chaussettes : les chaussettes portables en état correct, les chaussettes inutiles, et les trop vielles, trop moches, trop trouées, dépareillées. C'est tout bête, mais quand je pense à mon combat quasi quotidien pour trouver des chaussettes à mettre en fouillant longuement dans mon stock, ça en valait le coup.
Toutes les chaussettes molles, distribuées sur les long-courriers, ramenées de voyage par mon père il y a plus de 15 ans, les chaussettes sans élastiques, les chaussettes trouées que "mais ça se voit pas une fois que j'ai mis mes chaussures", la paire de "soquettes-gant" fluos rayées que je porte parfois l'été avec mes tongs juste histoire de rire (et pour faire râler mon homme) mais qui me serre entre les doigts de pieds, les chaussettes de ski au cas où un jour j'aurais à traverser un pays très froid, je m'en débarrasse enfin.
Je garde les paires de chaussettes foncées en bon état, mes chaussettes de tennis les plus neuves, les paires de chaussettes très fines non filées pour mettre dans les petites chaussures, les collants et chaussettes de couleurs vives qui me servent régulièrement pour mes spectacles (je fais du chant et on fait tous les ans de belles mises en scènes avec costumes souvent colorés) et deux paires de chaussettes fantaisies qui ont l'avantage de monter au genoux pour les jours de grand froid.
J'ai mis tout le fantaisie au fond du sac à chausettes et le plus utile au dessus. Les chaussettes encore mettables mais dont je n'ai pas besoin partiront prochainement chez Emmaüs (je me prépare un sac de trucs à virer de chez moi) et le reste, le pas beau : poubelle ! Et pas de sentimentalisme, j'essaie de tenir bon : non, non, et re-non, mes chaussettes trouées ne me serviront pas pour au cas où il y aurait un petit truc à essuyer avec un tout petit chiffon-chaussette. C'est bien de recycler au maximum, mais dans mon 35m², c'est décidé, le recyclage de chaussettes est exclu.
Après ce travail de titan, je crois avoir mérité une petite tisane avec un petit carré de chocolat !
06 juin 2008
Aux sources du vide
Déjà adolescente, j'avais parfois des "crises" de désencombrement. Fatiguée de mon bazar qui s'étalait sur tout le sol de ma chambre, agacée par cette auto-pollution que je m'infligeais, énervée par le besoin impératif de ranger, j'attrapais un grand sac poubelle et je me débarrassais soudain de tout ce qui me semblait en trop dans ma vie. Tout ce qui était systématiquement dérangé au bout d'une journée, tout ces petits objets inrangeables qui donnaient un air de pas rangé même quand ma chambre était impeccable. Partaient aussi à la poubelle le maquillage que j'achetais parfois dans l'espoir de grandir plus vite, la collection de vernis à ongles pour le jour ou enfin j'arrèterais de me ronger les ongles, toutes les choses qui correspondaient plus à un moi idéal qu'à ma vrai personnalité un peu torturée que j'avais du mal à accepter.
Quel soulagement quand je refermais le sac et que je trouvais de nouveau une place dans l'endroit qui étais censé m'accueillir !
Souvent, la "crise" se terminait par un changement de place de mon lit et de mon bureau, une façon de me réapproprier mon petit lieu de vie.
Je me sentais si bien dans ce vide. Il m'aidait à me sentir de nouveau pleine de choses intéressantes.
Cela ne m'empèchait pas de retomber quelques temps plus tard dans mes travers : fuir dans les choses pour oublier mes douleurs.
Aujourd'hui, j'habite dans une toute toute petite maison avec mon bazar, mon mari et son grand bazar, mon bébé et son petit bazar. Au hasard de mes lectures, j'ai découvert que cette envie de désencombrer et de vivre dans le bonheur de la simplicité et de l'épure était un concept "à la mode" (chez les gens qui s'intéressent de près à l'écologie et au mieux vivre). Ce que je recherchais portait un nom : la simplicité volontaire.
Ce concept m'a soudain éclairée. Il me manquait juste le mot pour synthétiser et exprimer mes aspirations, pour comprendre la direction que je souhaitais exactement donner à ma vie.
J'ai brandi à mon mari le mot magique : "Dé-sen-com-brer !!! ".
Marre du bazar à ranger, marre de la place qui manque, marre de la poussière, marre de fouiller.
Sans être prêt au vide total, un grand rangement-tri de printemps l'a emballé.
Après trois ou quatre voyages chez Emmaüs à une ou deux voitures, après avoir ramené des affaires qu'on nous avait prètées et qui ne servaient plus, après avoir mis ce qui restait aux encombrants, on a respiré !
Ce n'était pas parfait, mais on se sentais respirer.
On a profité de notre visite chez Emmaüs pour nous trouver une belle grande table en bois toute simple et solide pour la cuisine et un deuxième canapé qu'on a recouvert du même tissus que nous avions utilisé pour le premier. En chassant de chez-nous ce qui nous encombrait, nous avons trouvé de la place pour deux nouveaux gros objets très importants pour nous : un canapé supplémentaire pour mieux recevoir nos amis (même si selon mon mari, il n'est pas aussi formidable que notre canapé à 5 euros acheté sur ebay), une table grande et stable pour y faire manger plein de monde et pour y faire jouer notre puce (et nos autres enfants à venir).
Trois mois après notre premier grand déblayage, je sens qu'il est temps de retourner à l'assaut. Je me rends compte que je suis passée à côté de tout un tas de choses lors de notre premier tri. Et l'ambiance du moment me porte aussi, je suis remplie de courage depuis quelques jours.
J'ai encore besoin de vider du vide pour trouver un peu plus de place dans la vie.
Au boulot !!!